La Fausse Couche

Posté le 30 mars 2017 par dans fausse couche

Et voilà on y vient,

 

Nous sommes le 31 Août 2016, il est 5h45 AM, j’accompagne l’Homme prendre son vol, il s’en va 15 jours en Métropole voire ses filles, ce voyage était prévu avant même que nous ne découvrions ma grossesse, il y va pour faire la rentrer des classes des petites mais j’ai un nœud à la gorge tout de même, il part loin de moi, loin de nous durant les 2 plus longues semaines de ma vie et si il m’arrivait quelque chose?

Je le laisse après l’enregistrement, je n’attendrais pas l’embarquement ni le décollage de l’avion, on s’appellera tous les soirs et on s’enverra pleins de messages tout doux. Il a été convenu que je resterai chez mes parents (qui ne sont toujours pas au courant de mon état, hein) jusqu’à son retour. Je prends la voiture, rentre chez mes parents pour prendre une douche avant d’aller au travail, je croise mon père, bonjour, je vais à la salle de bain, m’assoies sur les WC, baisse mes sous vêtements et là du sang, pas beaucoup, mais c’est bien du sang, je reste dubitative, je ne panique pas, il arrive aux femmes de saigner en début de grossesse puis y en n’a pas beaucoup. Je prends ma douche, encore du sang, je m’habille, enfile une protection, je vais passer à la mater avant d’aller bosser juste pour qu’on me rassure. J’ai mon bon d’entrée, une sage femme me reçoit, elle m’examine directement, le cœur ne bat pas, il ne battait pas non plus la première fois, c’est normal affirme t elle, la grossesse est vraiment jeune (ça fait un moment qu’on me dit qu’elle est jeune non?), il n’y a pas de décollement de placenta continue t elle; mais on va quand même attendre ma collègue pour le confirmer, on retourne dans son bureau, sa collègue entre, elle lui montre l’écho qu’on vient de faire, elle ne me ré examinera pas une seconde fois. « Il n’y a qu’à attendre de toute façon, on ne peut rien faire de plus, je vous donne du spasphon si jamais vous avez des douleurs et si les saignements continuent, revenez nous voir lundi prochain, vous verrez la gynéco mater ». En sortant j’appelle l’Homme, l’avion n’est pas encore parti mais il est déjà en salle d’embarquement, je lui raconte tout, il ne sait pas quoi dire, il me sort timidement « Sois forte ». Je raccroche toujours sonnée et me rends au travail, je continue à perdre du sang bien rouge et de plus en plus abondant, ma poitrine reste toujours douloureuse et je n’ai aucune douleur au ventre. Le jour suivant, rien ne change, je n’ai parlé à personne de l’enfer que je traverse, je ne décroche pas le téléphone à l’Homme, je lui réponds juste pas SMS prétextant une fatigue pour éviter de lui balancer à la figure ma rancœur, la haine que j’éprouve pour lui de m’avoir laissée seule, enceinte; je prie seule, il n’y a pas de raison, je ne m’alimente pas mal, je ne prends pas de substance non autorisée, j’ai même arrêté mon traitement médical pendant l’arrêt de travail que j’avais eu quelques semaines avant. Le mercredi (deux jours après la consultation, merci de suivre donc), j’ai RDV avec ma sage femme à côté de mon travail, le matin à 7h30, ce RDV avait été prévu avant l’incident:

- « Bonjour, M*****, comment ça va » ?

- « Pas trop bien, je perds du sang » Je commence à sangloter.

- « Mais tu n’es pas allée à l’Hôpital? »

- « Si,  » Je lui tends l’écho qu’on m’a passée, « mails ils m’ont dit de patienter, qu’ils ne voient rien d’anormal »

Elle prend l’écho et voit tout de suite un décollement du placenta en même pas 2 secondes, ce que les autres C***** à 2 n’ont pas su voir, pire elles m’ont dit qu’il n’y avait rien d’alarmant.

- « Elles auraient du t’arrêter pour t’aliter ». Je comprends que c’est grave.. « Je vais regarder tout ça, allonge toi, je vais passer par le haut puis si je ne voie rien, on vérifiera par le bas ». Je me sentais un peu mal à l’aise du fait que je perdais beaucoup de sang mais elle m’a rassurée elle en a vu plus d’une fois. Elle n’a rien vu par le haut et par le bas, elle voit toujours quelque chose mais le décollement est important et le cœur devrait battre maintenant. « Je suis désolée ma belle mais ça ressemble vraiment à une fausse couche, je t’envoie aux urgences obstétricales pour vérification mais je ne veux pas te donner de faux espoirs ».

Je m’effondre littéralement,  je pleure à chaudes larmes, le monde s’écroule, elle me prend dans ses bras, me console, me dit que la nature est bien faite, que ça arrive 1 fois sur 5. Elle me met en arrêt deux semaines pour commencer et me dit de l’appeler dès que je sors des urgences. Il est 8h00, j’appelle ma mère en sortant en pleurs, je lui demande de me rejoindre à mon boulot, elle est inquiète, me demande ce qui ne va pas, je ne lui réponds pas, je pleure encore et encore. Je raccroche, descends au boulot, mon collègue est là, je lui explique en pleurs et lui donne mon arrêt pour qu’il la remette à ma C*****, P***, S***** de patronne. D’ailleurs a cet instant, je le sais, si j’ai perdu mon bébé c’est à cause d’elle, de ses harcèlements, qu’elle crève. Je pleure toujours, ma mère arrive, on sort, on monte dans sa voiture pour filer aux urgences, j’explose encore, ma mère m’interroge, je lui dis « J’ai perdu le bébé ». Elle est bouche bée, démarre, on arrive aux urgences. On nous reçoit assez rapidement grâce à l’appel de ma sage femme. On me fait des prises de sang qui ne sauront jamais analysées, on me pose un catheter qui ne servira à rien, on attend le médecin un bon moment, il arrive, il ne m’examinera pas davantage, il reprendra juste les échos que ma sage femme avait fait et posera son diagnostic, « comme la grossesse est jeune, tu vas prendre des médicaments puis tu viendras contrôler si tout est bien parti sinon on fera un curetage ». Une ordonnance plus tard j’étais sortie. Comment pouvait il être aussi sûre, il ne m’a même pas touché? J’apprendrais plus tard que ma sage femme était certaine pour la fausse couche mais qu’elles n’ont pas le droit d’annoncer aux patientes la mort d’un fœtus in utero ni de la mort d’un bébé à la naissance ni d’une fausse couche, c’est aux médecins de le faire comme quand les pompiers appellent un médecin pour constater un décès…

A la pharmacie je prend une partie des médicaments et des antalgiques niveau 2, mais le médicament qui déclenche l’avortement n’est pas donné en pharmacie, c’est le médecin qui le délivre dans son cabinet. Quel C** celui là aussi, je ne veux pas retourner là bas, je suis fatiguée, je veux juste rentrer. J’appelle ma sage femme pour lui raconter, elle compatis, me recevra elle même pour l’écho de contrôle. Et en plus, elle va appeler la mater (première où j’étais allée quand j’ai commencé à perdre du sang) pour qu’ils me délivrent les médicaments qu’il reste.

Je prends les premiers comprimés le soir et les saignements accompagnés de douleurs arrivent dans la nuit. Ils dureront 10 jours mais la plaie restera vive pour toujours….

 

J’ai perdu mon bébé…

 

 

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